À douze ans, alors qu’il habitait Toronto, Dan Kruger prenait le train pour aller vendre des hot-dogs au SkyDome (aujourd’hui le Centre Rogers), lors des parties des Blue Jays. «En calculant les billets de train et les hot-dogs que je mangeais, je payais pour travailler!», raconte aujourd’hui le président de Nature Power Products, une entreprise qui commercialise des produits fonctionnant à l’énergie solaire.
À 41 ans, cet homme à l’allure d’un adolescent avec ses cheveux noirs longs et sa carrure d’athlète -il est champion coureur à moto – est toujours un vendeur dans l’âme. À la différence que maintenant, il ambitionne de faire de l’argent. S’il a choisi le créneau du solaire, ce n’est pas pour sauver la planète.
«J’y ai vu une opportunité d’affaires en rendant cette source d’énergie accessible au quotidien», dit-il.
Comment? Son entreprise vend des produits de consommation courante qui fonctionnent à l’énergie solaire. Lampes de jardin, lumières d’escalier, répulseur d’insecte… Mais aussi, des systèmes qui permettent d’emmagasiner cette énergie afin d’éclairer sa maison ou sa roulotte quand on part en camping. Il vend également des systèmes pour télécharger cellulaires, tablettes électroniques, portables ainsi que de petits panneaux solaires amovibles que l’on peut fixer sur un sac-à-dos avant de partir en expédition.
Dan Kruger fait fabriquer ses produits en Chine et réalise 80 % de ses ventes aux États-Unis par l’intermédiaire de grandes surfaces comme Costco, Camping World et Northern Tool, mais aussi de plus petits détaillants. Il loue un entrepôt à Washington d’où il fait expédier sa marchandise chez les différents distributeurs. Tout est géré à partir de Montréal et l’entreprise compte une poignée d’employés à Vancouver.
Ses produits ont été utilisés en guise d’éclairage d’urgence notamment au Japon et dans le sud des États-Unis lors du tsunami et des tornades qui ont touché ces régions du monde en 2011. Les marchés les plus en croissance selon le président de Nature Power sont l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon. Le Canada, pour le moment, est un marché plus conservateur.
Selon le NPD Group, la demande pour de l’énergie solaire, a augmenté de 30 % au cours des 20 dernières années. En 2009, le marché mondial a atteint 38,5 milliards de dollars, qui comprend la vente de panneaux solaires, l’installation et aussi la vente d’équipement. D’ici 2014, on s’attend à ce que la taille de ce marché grimpe à 96,8 milliards de dollars.
Dan Kruger est bien loin des hot-dogs de sa jeunesse! Et les marges de profit (d’environ 40 %) sont beaucoup plus alléchantes.
Après des études en administration à Toronto et en Arizona, il est arrivé à Montréal à l’âge de 26 ans. Il a travaillé dans l’industrie des panneaux solaires d’abord comme représentant chez ICP, puis chez Sunforce, une entreprise qu’il a co-fondée.
C’est en 2010 qu’il a décidé de vendre ses parts et de fonder Nature Power. «J’allais en Chine tous les mois et je me rendais compte que l’industrie changeait. Le fait que le prix de la technologie baissait ouvrait la porte à d’autres opportunités», raconte Dan Kruger.
Sa connaissance pointue de la Chine – il voyage dans ce pays depuis qu’il a 19 ans et y fait de la course à moto – est son plus grand avantage. «Les Chinois sont les plus gros fabricants de panneaux solaires de la planète. Notre plus grande valeur est la relation de loyauté que nous avons bâti avec eux», dit Dan Kruger.
Nature Power compte une quinzaine de fournisseurs chinois qui fabriquent pour elle des produits développés ici. Elle détient quelques brevets. «Ma philosophie est surtout d’être le premier sur le marché. C’est une course!»




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