C’est le constat pessimiste que dresse l’OCDE dans sa plus récente étude sur l’économie américaine publiée le 26 juin dernier. «Les États-Unis auraient avantage à stimuler l’innovation et à favoriser l’accès à une éducation de qualité pour maintenir son statut d’économie la plus productive au monde», selon l’OCDE.
Bien que plus d’emplois ont été créés et que le taux de chômage ait diminué après avoir atteint un sommet de 10 % en octobre 2009, les effets de la récession sur le marché de l’emploi persistent.
En fait, selon l’OCDE, près de 40% des sans emplois aux États-Unis sont au chômage depuis 27 semaines et plus. À plus long terme, l’éducation et la formation continue sont la clé pour améliorer les compétences et les salaires des travailleurs, selon l’OCDE.
L’étude montre que notre voisin américain est en train de perdre sa longueur d’avance en matière d’innovation. Cela a des effets négatifs sur sa croissance à long terme et le niveau de vie de ses citoyens. La productivité aux États-Unis croît toujours plus rapidement que celle des autres pays membres de l’OCDE mais on note un ralentissement depuis les années 1970. De plus, les entreprises américaines ne sont plus nécessairement plus innovatrices que les entreprises des autres pays de l’OCDE.
La performance américaine en éducation est inquiétante, dévoile également le rapport. Le taux de fréquentation aux études post-secondaires stagne depuis les trente dernières années, alors qu’il augmente dans presque tous les autres pays de l’OCDE. Aujourd’hui, 22 des 30 pays de l’OCDE comptent plus de diplômés en science et en génie parmi les travailleurs de 25 à 34 ans que les États-Unis.
«Les États-Unis sont encore l’une des économies les plus dynamiques au monde mais la compétition est de plus en plus forte et ils auront besoin de mettre en place de meilleures politiques pour se maintenir dans la course», a dit Richard Boucher, secrétaire général adjoint de l’OCDE.
La rapport recommande d’augmenter le nombre de diplômés en science, technologie, génie et mathématiques en améliorant l’accès à l’éducation supérieure. Les budgets de recherche et développement devraient être maintenus, voire doublés, dans les ministères dédiés à la science, conformément à une promesse faite en 2007 par l’administration fédérale actuelle.
Enfin, pour prévenir le chômage de longue durée, l’étude suggère de mettre l’accent sur l’activation et la formation de la main d’oeuvre. Les États-Unis dépensent très peu en mesures d’emploi et de formation de la main d’oeuvre en comparaison des autres pays de l’OCDE.
L’OCDE relève aussi dans son rapport l’écart grandissant entre les riches et les pauvres aux États-Unis. Ces écarts créent des inégalités importantes si bien que les enfants nés de parents peu fortunés ont désormais plus de difficultés à grimper dans l’échelle sociale que les enfants de la majorité des pays européens.
L’étude montre que les programmes de crédits d’impôt et de taxes semblent moins efficaces aux États-Unis pour réduire la pauvreté que dans les autres pays de l’OCDE, en grande partie parce qu’ils ne ciblent pas assez les familles à faible revenu.
L’OCDE suggère de réduire les taux d’intérêt tout en abaissant l’impôt des sociétés afin de réduire les inégalités tout en stimulant l’investissement. À court terme, le rapport recommande que la politique monétaire continue de soutenir la reprise et que la législation actuelle soit amendée pour éviter un brusque resserrement budgétaire en 2013. L’OCDE prévoit une croissance de l’économie américaine de 2.4% en 2012 et de 2.6% en 2013.
L’étude est disponible en ligne ici :
Economic Survey of the United States.



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