L’importation et le commerce étranger peuvent être une source de tensions dans les régions où ils menacent les entreprises locales et l’emploi. Mais un nouveau rapport publié par l’OCDE confirme que le commerce joue en réalité un rôle très efficace en contribuant à la hausse des salaires et à la création d’emploi.


Photo : Lawrence Migdale

La clé réside dans la mise en place de politiques gouvernementales de soutien. « Les pays dont la croissance n’est pas stimulée par la libéralisation des échanges possèdent souvent des politiques macroéconomiques instables, des droits de propriété inadéquats, une pénurie d’investissements publics en solution aux contraintes d’approvisionnement ou d’autres obstacles sociopolitiques », explique le rapport préparé par l’Initiative de collaboration internationale sur le commerce et l’emploi (ICICE), qui résume les grandes lignes de deux années de recherche toujours en cours.
Voici quelques-unes des découvertes majeures réalisées sur les liens entre emploi et commerce :

1. En accélérant la productivité, le commerce contribue à faire grimper les revenus. L’importation attise une concurrence qui force les entreprises locales à redoubler d’efficacité. Celles-ci sont alors obligées d’investir dans les technologies modernes et la formation de la main-d’œuvre, ce qui redirige les capitaux et les ressources vers des domaines à forte productivité. Comme les entreprises versent généralement un salaire plus élevé aux travailleurs qualifiés, les salaires augmentent.

2. Une hausse du chômage peut survenir lorsque la création d’emplois s’essouffle dans les secteurs exportateurs ou ne compense pas entièrement les pertes d’emplois essuyées dans les secteurs importateurs soumis à une concurrence accrue. Cependant, les politiques en faveur de la libre circulation des capitaux et de la main-d’œuvre dans les nouveaux secteurs peuvent atténuer ces contrecoups.

3. Si le commerce de services a exercé jusqu’à présent une influence favorable sur la création d’emplois et les salaires dans les pays en développement, il a eu peu d’effets sur le marché de l’emploi dans les pays riches.

4. Peu d’éléments prouvent que le commerce creuse l’inégalité croissante entre les revenus, et ce, tant dans les pays développés que dans les marchés émergents. L’une des rares exceptions serait peut-être la création de richesses générées par la découverte de nouvelles ressources naturelles, qui profitent à l’élite.

5. Loin de perturber les conditions de travail dans les pays en développement, le commerce contribue à leur amélioration sous l’effet de la croissance économique, des investissements directs étrangers et de l’adoption de normes du travail.

6. Le dynamisme économique engendré par le commerce nécessite la réaffectation des ressources au profit de certains travailleurs qui voient leur salaire augmenter, mais au détriment d’autres qui perdent leur emploi. Bien que la plupart des études indiquent que ces répercussions sont négligeables dans l’ensemble de la population, les responsables de l’élaboration des politiques devraient tout de même s’y attarder.

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