Un document, trouvé sur le site de l’école de gestion Wharton, jette un peu de lumière sur ce sujet.

Photo : iStock
En 2007, une étude du China Stone Management Consulting Group nous apprenait que 64,8% des pdg des 200 plus grandes sociétés à capital ouvert chinois gagnaient entre 16 000$ et 80 000$ et 19,5% entre 80 000$ et 159 000$.
Comparons.
Au Canada, en 2010, les pdg http://business.financialpost.com/2012/01/03/top-canadian-ceos-make-average-workers-salary-in-three-hours/les mieux payés ont gagné, en moyenne 8,4M$, incluant salaire, bonis et autre. Un Canadien ne gagnant que le salaire mininum tire un revenu de 19,798$. Au Canada, en 2010, un pdg gagnait donc 424 fois plus qu’un employé au salaire minimum.
À Shanghai, l’une des régions où les travailleurs chinois sont les mieux payés, le salaire minimum à été haussé à 2760$ ( soit 230$/mois). Un pdg chinois gagne donc entre 5,7 et 58 fois plus qu’un employé recevant le salaire minimum.
Les entreprises à capital ouvert chinoises n’ont donc pas, pour l’instant, copié leurs homologues occidentales dans le dossier de la rémunération.
En tout cas, pas officiellement…
Car, les entreprises cotées à la bourse de Shanghai et de Shenzen ont une façon bien à elles de divulguer l’information relative à la rémunération. Ainsi, la rémunération des dirigeants n’inclue pas les bonis.
En fait, les règles de divulgation des bourses de Shanghai et Shenzen permettent de comptabiliser de nombreuses dépenses et privilèges accordés aux membres de la direction dans la rubrique fourre-tout “dépenses administratives” plutôt que “rémunération”. Si bien que, pour obtenir un portrait réel de la rémunération des pdg, l’investisseur doit consulter la rubrique “dépenses administratives” plutôt que “rémunération.”
Ainsi, 10% des pdg des 100 plus importantes sociétés chinoises cotées en bourse reçoivent davantage d’argent pour leurs “dépenses administratives” qu’en rémunération, a découvert Gao Minghua, directeur du Research Center for Corporate Governance and Enterprise Development de la Beijing Normal University.
Et, parmi 1320 sociétés chinoises étudiées, les “dépenses administratives” accordées aux pdg sont de 2 à 50 fois plus élevées que rémunération officielle. Toutefois, nous sommes encore loin des multiples occidentaux. Évidemment, me direz-vous, la culture de la rémunération et le développement du secteur privé chinois n’en est qu’à leurs balbutiements. C’est vrai. Et la situation évolue rapidement. On assiste, par exemple, à une croissance de l’attribution d’options à la direction.
C’est probablement du côté des sociétés high tech chinoises que les changements seront les plus rapides. Parmi les vedettes chinoises du high tech, plusieurs sont cotés à la bourse de New York. Ceci, évidemment, les force à s’ajuster à de nouvelles règles de divulgation. Les pdg chinois n’y perdront toutefois au change si l’on ajuste leur rémunération à celle des pdg occidentaux…
La question: les entreprises chinoises publieront-elles bientôt deux versions de leur rapport annuel? L’une pour la Chine affichant une colonne “dépenses administratives” gonflée et une rubrique rémunération relativement faible et l’autre pour l’Occident présentant l’inverse!


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