Après 37 ans d’histoire, le détaillant réalise 95 % de ses ventes (450 M$) au Canada. Son propriétaire, Andrew Lutfy, veut que ça change.

«Le plus important pour nous est notre croissance à l’international. Nous sommes déjà bien établis au Canada, et il y a peu de parts de marché à y gagner, explique l’unique actionnaire de l’entreprise privée. Nous devons donc atteindre des standards internationaux. Les clientes se fichent de la nationalité des détaillants. Elles ne regardent que le rapport qualité/prix.»
Un premier Dynamite sera inauguré en sol américain à la fin de cette année ou au début de 2013, a-t-il confié à Les Affaires. Et au même moment, l’enseigne montréalaise devrait suivre les traces de sa grande soeur Garage et faire son entrée dans certains centres commerciaux du Proche-Orient. Là-bas, l’expansion de l’entreprise est prise en charge par des franchiseurs principaux.
Le détaillant compte actuellement 250 magasins au Canada. «Dans cinq ou sept ans, on espère en avoir autant aux États-Unis, pour un grand total de presque 300 ailleurs dans le monde», précise la présidente du groupe, Anna Martini.
Plan de 40 M$
Pour arriver à ses fins, l’entreprise a élaboré un plan de développement sur quatre ans doté d’un budget de 40 M$. La somme servira essentiellement à acquérir les infrastructures nécessaires au soutien des nouveaux magasins (systèmes informatiques de gestion du centre de distribution, systèmes de caisse, etc.).
Andrew Lutfy prévoit une croissance des ventes cette année aux États-Unis de 50 %, et de 150 % ailleurs dans le monde. «Ça va se maintenir au cours des prochaines années», s’empresse-t-il d’ajouter, l’air confiant.
Pourrait-il être intéressé par une inscription en Bourse pour financer le tout ? Pas du tout. «Premièrement, nous n’avons pas besoin de l’argent. Ensuite, demeurer privé nous permet de nous concentrer sur l’entreprise, moins sur les marchés financiers. Et on peut faire des erreurs sans avoir à rendre de comptes.»
Management de classe mondiale
L’homme d’affaires raconte que cette orientation internationale améliore son entreprise. «Toutes les décisions sont prises un peu différemment. Et la somme de tout cela nous rend plus forts.»
La présence de Groupe Dynamite aux États-Unis procure aussi des bénéfices imprévus : elle fait connaître le détaillant auprès de gestionnaires chevronnés… ce qui a permis d’en recruter une douzaine (venus de New York, de Californie, du Mexique) et de créer une «véritable équipe de classe mondiale». «Pour une entreprise locale, c’est difficile de pourvoir certains postes,» observe Anna Martini.
Même si l’on peut compter sur les doigts d’une main les détaillants québécois qui obtiennent du succès aux États-Unis, le duo de gestionnaires est optimiste. Car il peut compter, dit-il, sur l’expérience acquise depuis l’ouverture du premier Garage en 2007… quelques mois avant la crise.
À l’époque, l’entreprise prévoyait y ouvrir 150 magasins en 5 ans. Or, après 4 ans, on n’en dénombre que 17. «On est arrivé aux États-Unis juste avant la pire des récessions. Ça nous a ralentis un peu, dit MmeMartini. On a attendu d’avoir une bonne performance. Ça va très, très bien, alors on passe en mode déploiement.»
Encadré(s) :
«Le marché américain est hyperconcurrentiel. Il y a 100 % plus de pieds carrés par personne qu’au Canada. C’est pourquoi les détaillants américains viennent au Canada.»
- Andrew Lutfy
UN GROUPE, DEUX ENSEIGNES
Groupe Dynamite a transformé pour 3 M$ le magasin Garage de la rue Sainte- Catherine Ouest, en plein coeur du centre-ville de Mont-réal, en vitrine d’exposition (showcase) pour les deux marques phares de l’entreprise. Ce lieu de 12 700 pieds carrés permettra au détaillant de faire rapidement découvrir ses deux concepts sous un même toit – Dynamite et Garage – aux propriétaires de centres commerciaux américains et aux éventuels franchiseurs. Dynamite s’y trouve au rez-de-chaussée et Garage au sous-sol, puisque les jeunes filles ont déjà l’habitude de descendre l’escalier pour s’y rendre, explique Andrew Lutfy. Le détaillant n’a pas profité de l’occasion pour revoir ses concepts. Chez Garage, il y a encore des bonbons à côté des caisses, et chaque cabine d’essayage a sa propre personnalité. Chez Dynamite, on mise beaucoup sur les mannequins pour créer une ambiance de défilé de mode.
GROUPE DYNAMITE EN CHIFFRES
450 M$ Ventes annuelles
4 000 employés, dont 500 au siège social sur la rue Ferrier, à Montréal.
15-20 Magasins qui seront inaugurés cette année dans le monde. Dans certains cas, il s’agira d’agrandissements ou de déménagements.
Croissance moyenne des ventes depuis trois ans «dans les deux chiffres».
GARAGE
Fondation : 1975 Clientèle cible : 16 ans
Dynamite
Fondation : 1984 Clientèle cible : 26 ans



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