Claude Marchand, vice-président du marketing et du développement international de LaSalle International, se souvient qu’il y a dix ans, on regardait de haut cette institution d’enseignement privé. «On nous disait qu’exporter nos cours dans les pays émergents plutôt que dans les pays industrialisés, c’était choisir la voie facile», se rappelle celui qui est aussi le fils du directeur général du College, Jacques Marchand.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire! Bien des entreprises pourraient envier le Collège d’être déjà enraciné dans des pays de moins en moins émergents. Par exemple, LaSalle est implanté en Turquie et au Maroc depuis plus de 20 ans. «Maintenant que les pays industrialisés vont mal et que les opportunités de croissance sont dans ces pays, je peux vous dire qu’on nous voit différemment!» se réjouit Claude Marchand.

Un campus du Collège LaSalle à Rabat, au Maroc

Tout a commencé à la fin des années 1980. La baisse du taux de natalité et les statistiques sur le veillissement de la population convainquent la direction que l’avenir de l’institution d’enseignement ne peut pas être seulement au Québec. Son directeur, Jacques Marchand, débarque alors au Maroc avec ses programmes de formation en poche et…deux pots de beurre d’arachides, peu habitué à l’époque à la nourriture locale!

«Au tout début, l’objectif était de recruter des étudiants pour les amener étudier au Québec. Ensuite, voyant qu’il y avait une forte demande, l’école a décidé de s’implanter», raconte le fils du directeur.

Les premières formations offertes à l’étranger couvrent surtout le domaine de la mode. C’est d’ailleurs ce qui a permis au Collège de percer en Chine il y a 15 ans. Aussi bien dire que si ce pays est devenu la manufacture de la planète, c’est un peu à cause de cette école québécoise, la première à avoir exporté son expertise à l’étranger! «Nous étions en Chine bien avant que cela devienne un cliché»,  dit Claude Marchand.

L’école s’installe en s’adaptant à la couleur locale, tout en travaillant fort pour maintenir son image de marque. «Nous n’appliquons pas la méthode Big Mac. L’important pour nous est de s’assurer de la qualité des cours partout, mais chaque marché a ses particularités. Par exemple, au Maroc, nous donnons des cours de fabrication du Kaftan, un vêtement traditionnel de ce pays, ce qui n’est pas le cas à Montréal», explique le vice-président.

Le Collège a appris à la dure comment exporter sa marque. Il a connu son lot de difficultés en Turquie dans les années 1990. Des déboires avec ses franchisés sur le terrain l’ont amené à abandonner complètement le modèle de franchises pour privilégier l’ouverture de succursales corporatives, en partenariat avec des actionnaires locaux. Résultat? la croissance est plus lente, mais mieux contrôlée. «Pour nous, small is beautiful…», dit Claude Marchand.

Cela exige toutefois de se déplacer fréquemment à l’étranger pour s’assurer du bon fonctionnement des succursales. «Je me déplace au moins une semaine par mois pour faire le tour et bien connaître chacun des marchés», dit le vice-président.

L’indonésie, la Colombie, la Turquie, le Mexique, tous ces pays offrent des opportunités alléchantes : une population jeune, de plus en plus aisée et des besoins à combler. Pourtant, les entreprises québécoises sont peu présentes dans ces marchés, constate Claude Marchand. «En Indonésie, je discute directement avec Blackberry pour nos besoins en technologies de l’information! dit le vice-président.

Pour profiter de ces occasions d’affaires, il faut être prêt à prendre certains risques et à ne pas compter ses heures. Ce n’est pas pour les gestionnaires qui veulent faire du 9 à 5. «Entre 6 et 7 le matin, dans ton auto, tu parles avec ton Afrique du Nord. À midi, ton ouest canadien se réveille, en après-midi, tu jase avec ton Amérique latine et vers 9h30 le soir, c’est ta dernière heure pour parler à ton Asie!», dit Claude Marchand.

Le quotidien dans cette institution a bien changé depuis sa fondation en 1959 à Ville Lasalle. À l’époque, Le Collège LaSalle, autrefois sous l’appellation Collège commercial LaSalle, offrait des cours en secrétariat. Le Collège a ensuite mis l’accent sur le développement et la formation dans le domaine de la mode. Depuis, il a diplômé les Marie Saint-Pierre, Denis Gagnon, Mariouche Gagné, Jérôme Rousseau, Hugo Martineau, tous des designers qui ont fait leur marque.

LaSalle, qui compte aujourd’hui plus de 3000 étudiants seulement à Montréal, regroupe quatre écoles en plus de la mode, elles sont: Hôtellerie et tourisme, Gestion et technologies, Sciences et Techniques humaine et la formation en ligne

Ce qui s’en vient? «Nous consolidons nos bases dans les marchés où nous sommes déjà présent, explique Claude Marchand. Nous voulons favoriser les échanges entre institutions et la mobilité des étudiants. Nous miserons aussi de plus en plus sur des formations mixtes, sur campus et en ligne».

Claude Marchand veut offrir aux entreprises un bassin de recrues polyglotes et ouvertes sur le monde. «Ce qui est positif pour nous, c’est que l’éducation se démocratise partout. Nous ne sommes pas Google mais je pense qu’à notre façon, nous pouvons contribuer à changer le monde par l’éducation».

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