Entrer au siège social de Stageline est un peu comme prendre l’avion et se retrouver en « territoire international ». Les nombreuses photos de ses produits utilisés partout dans le monde font foi du dynamisme de cette entreprise exportatrice. Et personne n’entre dans cette usine sans d’abord laisser une preuve de son identité à l’entrée. Le président fondateur, Yvan Miron, qui vient m’accueillir en rajoute. «Vous n’êtes pas une terroriste j’espère ?» lance-t-il à la blague.
Stageline est membre de C-TPAP, une certification qui facilite le passage de ses produits aux douanes américaines à condition de respecter des règles strictes, dont celle de vérifier scrupuleusement l’identité de ses visiteurs.
L’entreprise de L’Assomption, à environ 30 minutes de Montréal, conçoit, fabrique et loue des scènes mobiles pour l’industrie du spectacle. La majorité (85 %) de ses revenus proviennent de l’étranger et elle vend ses scènes dans 33 pays. Ses principaux marchés sont les États-Unis, l’Europe et l’Amérique du Sud.

Yvan Miron, président de Stageline
Stageline fait partie de ce cercle des entreprises que tout le monde connaît sans le savoir. Les spectacles du Festival de Jazz, du Super Bowl, des Jeux Olympiques et de la majorité des spectacles en plein-air, se déroulent sur des scènes de Stageline. De Céline Dion à Bob Dylan, en passant par les groupes Tragically Hip et Aerosmith, rares sont les vedettes qui n’ont pas déjà chanté sur ces scènes made in Quebec. En 2011, Yvan Miron prévoit que le chiffre d’affaires de son entreprise atteindra 15 millions de dollars.
La popularité des scènes mobiles de Stageline tient à leur facilité d’installation. Fermées, elles ressemblent à un camion-remorque. Ouverts, ceux-ci deviennent une scène avec trois côtés et un toit, qui se déploie grâce à un système hydraulique.
Une scène conventionnelle, montée sur des échafaudages, peut prendre plus de deux jours à installer avec des dizaines d’ouvriers. Celles de Stageline nécessitent de deux à quatre techniciens, pendant un maximum de quatre heures pour les modèles les plus imposants. Stageline commercialise six types de scènes de différentes grandeurs, qui se vendent entre 100 000 dollars et 500 000 dollars.
L’entreprise en a fait du chemin depuis le Festival du bleuet de Mistassini de 1984, date à laquelle son concept de scène mobile a été utilisé pour la première fois. Yvan Miron n’oubliera jamais ce moment, car ce fut… une catastrophe. Une faille dans le système hydraulique l’a empêché de faire monter le toit de la scène, si bien qu’il lui a fallu appeler une grue en renfort. Mais Yvan Miron et son associé de l’époque, Marcel Lacroix, ont persisté et perfectionné leur produit. Il savaient que l’idée valait de l’or.
«Il n’existait pas de scène montables et démontables rapidement et qui pouvaient aussi supporter toutes sortes de conditions climatiques. Installer une scène coûtait excessivement cher en main-d’oeuvre. Nous le savions, nous produisions des spectacles nous-mêmes!», raconte Yvan Miron.
Cet homme a roulé sa bosse pendant 20 ans dans ce monde du show business avant de fonder Stageline, en 1987. Il connaissait les besoins de l’industrie et aujourd’hui, il en a rehaussé les normes.
Yvan Miron est fier de dire que la majorité des toutes premières scènes de Stageline vendues il y a plus de 20 ans (après l’épisode de Mistassini !) sont encore en opération. Selon lui, les scènes de Stageline ont des niveaux de sécurité et de solidité comparable à de l’équipement militaire. « Peu d’entreprise peuvent dire qu’elles ont contribué à modifier les pratiques d’une industrie entière, dit-il. C’est comme passer du cheval à l’automobile ! »
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Veuillez vous inscrire pour soumettre un commentaire.- 2012-06-18 15:42:17


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