Dans le cadre du plus gros congrès minier de la planète, qui a attiré cette année un nombre record de 30 000 participants, le gouvernement du Québec avait aussi organisé une séance d’information sur le Plan Nord, en présence du ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard (qui s’est adressé en français devant un auditoire anglophone), d’un sous-ministre et d’un dirigeant d’Investissement Québec. Le premier ministre Charest lui-même a fait une visite-surprise et a rencontré plusieurs dirigeants miniers.

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Mais selon Jean-Marc Lulin, président de l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ), les sociétés d’exploration oeuvrant au Québec craignent une baisse des investissements à cause du projet de loi 14, qui donne un droit de veto aux municipalités sur les projets miniers.

Le secteur minier mondial demeurera toutefois très actif. Voici les faits saillants que Les Affaires a retenus du congrès de la PDAC.

D’autres fusions et acquisitions en 2012

Les deux grandes firmes d’experts-conseils Ernst & Young et PwC prévoient que le rythme élevé de fusions et acquisitions (F-A) observé en 2011 – surtout durant les six premiers mois – se poursuivra en 2012.

Les grandes minières sont peu endettées et elles ont réalisé de jolis profits en 2010 et en 2011. Elles sont à l’affût de projets avancés et souhaitent réaliser des synergies, car les coûts de production sont plus élevés que jamais.

En 2011, la valeur des acquisitions dans le secteur minier a augmenté de 43 %, d’après Ernst & Young. Les dépenses en exploration pour les métaux non ferreux progresseront aussi, de 50 % cette fois, selon le Metals Economics Group (MEG).

Une bonne nouvelle pour les petits producteurs. Les experts prédisent qu’ils auront en 2012 un meilleur accès au marché boursier. Car les grandes minières, elles, se financeront plutôt par de la dette, a expliqué Zahid Fazal, directeur de la pratique minière chez Ernst & Young, à Montréal, que nous rencontré au congrès de la PDAC.

Aussi à surveiller en 2012 : les investisseurs institutionnels. Selon PwC, ils seraient à l’affût d’entreprises minières n’ayant pas de partenaire stratégique fort.

Chez Fasken Martineau, le chef du groupe minier, Michael Bourassa, prédit que les transactions de type off-take – où une société d’exploration fait financer le développement de son projet par le futur acheteur – devrait se poursuivre en 2012.

Fasken Martineau est le cabinet d’avocats qui a réalisé l’entente entre la société d’exploration minière Adriana et l’aciériste chinois Wisco, conclue à la mi-février, en vue d’une gigantesque mine de fer au Nunavik.

Les métaux chauds

Selon l’économiste en chef de Dundee Wealth, Martin Murenbeeld, l’or devrait poursuivre son ascension pour atteindre 1 950 $ l’once d’ici la fin de l’année et peut-être dépasser le cap de 2 000 $ en 2013. En effet, les gouvernements continueront d’imprimer de l’argent ; les taux d’intérêt sont bas ; les banques centrales en achètent au lieu d’en vendre ; et l’offre n’augmente pas aussi rapidement que la demande.

Dundee Wealth a aussi établi une liste de facteurs qui pourraient faire descendre le prix de l’or (une récession aux États-Unis et en Chine, une confiance accrue à l’égard du marché des actions, une hausse des taux d’intérêt). Mais ces facteurs ne comptent que pour 10 % dans son analyse, a signalé M. Martinbeeld.

Par ailleurs, un an après Fukushima, l’uranium reprend du lustre. Les actions de Cameco, le plus grand producteur canadien, ont augmenté de 20 % depuis le début de l’année. Au Québec, la société d’exploration Matoush poursuit ses travaux de préparation en vue d’ouvrir une mine en 2017. La société a eu l’aval d’Ottawa et attend celui de Québec pour réaliser une étude de faisabilité.

Quant aux terres rares, dont les prix avaient grimpé en flèche en 2011, elles suscitent moins d’engouement à l’heure actuelle. Le Japon essaie de réduire la consommation de ces produits et d’en trouver des substituts. Mais plus le prix baissera, plus la demande augmentera et moins on sera tenté de chercher des substituts, raisonne le président de la société québécoise Matamec, rencontré au congrès.

Pour ce qui est du cuivre, les analystes au congrès de la PDAC ont prédit que son prix se maintiendra. Quant au nickel, il pourrait monter de 9 à 11,50 $ la livre s’il n’y a pas de surplus. Concernant le zinc, on s’attend à un déficit d’ici 2015. Du côté de l’acier, le géant Tata Steel prévoit une croissance du marché de 3 à 4 % par année, mais beaucoup de volatilité.

Les pays attractifs

Selon PwC, le continent africain pourrait être le terrain d’un plus grand nombre de F-A, surtout dans le domaine aurifère. D’autant plus que les minières sont de plus en plus disposées à se rendre dans des pays jugés risqués, indique le Metals Economics Group dans sa plus récente recherche. Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire figurent parmi les pays convoités.

En Amérique latine, le MEG mentionne la Colombie, qui a attiré un nombre accru d’investissements en 2011, qui devraient se poursuivre en 2012. Un nouveau processus d’appel d’offres entrera en vigueur dans ce pays l’an prochain. La Colombie mettra des titres miniers aux enchères et elle choisira le meilleur soumissionnaire en fonction de plusieurs critères, dont le montant des redevances qu’il est prêt à payer.

La partie de la foire commerciale du congrès de la PDAC regroupait pas de moins 1 000 kiosques – un autre record – en provenance de plus de 100 pays.

DES NOUVEAUTÉS

C’est au congrès de la PDAC que l’on a appris la relance du camp minier de Chibougamau qui appartenait à la minière Ressources Campbell, mise en faillite en 2009. C-Bay Minerals, une nouvelle entreprise créée en novembre dernier, envisage un appel public à l’épargne en septembre cette année. La réouverture de l’usine de traitement est prévue pour la mi-2013, créant entre 200 et 300 emplois.

Le congrès de la PDAC a également permis d’apprendre le lancement de Québec Mines, un nouvel événement qui réunira minières, sociétés d’exploration et grand public à Québec, en novembre. Objectif : une meilleure acceptabilité sociale. C’est aussi l’objectif du futur Observatoire du développement minier en milieu nordique, qui sera créé sous peu par le gouvernement. L’Observatoire sera indépendant, mais dirigé par le scientifique en chef du gouvernement du Québec, Rémi Quirion.

LES CABINETS D’AVOCATS QUI ONT RÉALISÉ LES PLUS GROS FINANCEMENTS AU TSX EN 2011

Société / Valeur des transactions / Nombre de transactions

McMillan / 751,5 M$ / 5

Cassels Brock & Blackwell / 581 M$ / 11

Gowling Lafleur Henderson / 496 M$ / 3

Fasken Martineau / 225 M$ / 4

Blake, Cassels & Graydon / 215 M$ / 4

18 % Pourcentage des dépenses d’exploration effectuées au Canada.
Source : Metals Economics Group

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