Les activités de l’entreprise d’affichage publicitaire sont en hausse de 110 % cette année par rapport à 2010 ; une croissance aussi forte que celle de l’année précédente. Le chiffre d’affaires frôle maintenant les 70 millions de dollars (M$).
L’ascension de Zoom Média aux États-Unis résulte en bonne partie de l’acquisition de Club Com, une ancienne division de la multinationale Amer Sports, un des plus grands manufacturiers d’équipements sportifs du monde (Wilson, Salomon). Club Com diffuse du divertissement numérique dans des centres sportifs partout dans le monde, mais avant d’être achetée par Zoom Média, elle n’ajoutait aucun contenu publicitaire dans ses 3 000 réseaux de diffusion.
« Mon père était entré dans le marché du téléphone cellulaire avec Cantel, car il avait eu le nez assez fin pour voir où allait le monde avec le portable. J’ai eu un éclair similaire quand j’ai travaillé avec Club Com », dit François De Gaspé Beaubien à l’occasion d’une entrevue à Québec, la ville qui a vu naître son entreprise il y a 20 ans.

François de Gaspé Beaubien
Club Com, qui diffuse maintenant Zoom Fitness TV, lui a ouvert un marché publicitaire au fort potentiel, car la clientèle des gym est constituée surtout de hauts salariés, de décideurs et d’avant-gardistes. « Mieux que ça : j’exploite l’un des derniers environnements dans lesquels le consommateur n’a pas le contrôle sur la publicité qu’il regarde. Je suis dans une zone refuge où l’annonceur peut faire passer un message à un consommateur qui n’a pas le moyen de l’éviter », remarque le pdg de Zoom Média, ajoutant que les clients des gyms restent captifs pendant en moyenne 80 minutes par séance.
Zoom Fitness TV sera lancée sous peu au Canada. Comme aux États-Unis, elle sera mesurée par Nielsen ; cela permet de savoir combien de personnes ont vu la publicité, avantage que la télévision traditionnelle ne peut offrir.
Il a fallu au pdg de Zoom Média neuf mois de négociations intensives pour convaincre Amer de lui vendre sa division divertissement numérique. La résistance venait d’un litige de 40 M$ avec un partenaire de Club Com, dont M. De Gaspé Beaubien a finalement accepté d’assumer le risque et qu’il a su régler pour 2 M$. « Il y a un concept que mon père [Philippe] m’a appris, c’est la ténacité, enrobée de flexibilité. J’ai toujours tenté de bien comprendre la position de l’autre partie et de négocier en fonction de son point de vue », se souvient M. De Gaspé Beaubien, qui a conclu la transaction il y a deux ans et demi.


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