Surprenante déclaration que celle du ministre québécois de l’Agriculture des Pêcheries et de l’ Alimentation, Pierre Corbeil, actuellement en tournée en Asie pour vendre les produits du Québec. « Nous tentons de convaincre les Japonais d’acheter plus de boeuf canadien pour offrir plus de débouchés à nos éleveurs », a-t-il expliqué en entrevue téléphonique hier à partir de Tokyo. Le hic est que si les Japonais n’importent plus de viande de jeunes boeufs du Québec… c’est parce qu’il n’y en a plus!
Il faut comprendre que depuis la crise de la vache folle, les Japonais on interdit l’accès au boeuf canadien âgé de 30 mois mais permettent l’entrée de viande d’animaux plus jeunes (21 mois). Ceux-ci sont moins susceptibles d’être atteints de la maladie transmissible à l’être humain. Qu’à cela ne tienne, le ministre Corbeil, également ministre responsable des régions de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord du Québec, continue de mousser la viande de boeuf. Jusqu’à récemment la viande de trois éleveurs de sa région était exportée vers le Japon, a-t-il indiqué.
Il y a déjà eu un contrat entre l’abattoir Lévinoff Colbex, de Saint-Cyrille-de-Wendover, dans la région de Drummondville, et un acheteur japonais, mais il n’a pas été renouvelé «sans que l’on sache pourquoi», explique Sonia Dumont, porte-parole de la Fédération des producteurs de boeufs du Québec (FPBQ). La FPBQ est propriétaire de Lévinoff Colbex, le seul abattoir de bovins d’importance dans la province. L’entreprise frise la faillite pour la enième fois depuis plus de trois ans. Une assemblée spéciale est convoquée par la FPBQ la semaine prochaine avec les éleveurs pour tenter à nouveau de sauver l’entreprise. Le ministre Corbeil sera alors revenu de son périple en Asie.
Le ministre participe à Foodex, la plus importante foire alimentaire de l’Asie, en compagnie d’une délégation de 13 entreprises québécoises. Le Japon est la seconde destination des produits bioalimentaires québécois après les États-Unis. La viande de porc québécoise a la cote auprès des Japonais. Celle-ci détient la part du lion des 462 millions $ de produits québécois exportés en 2010 au pays du soleil levant. Pour le boeuf, on verra, car pour le moment, le ministre fait la promotion d’un produit fantôme…



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