Bombardier vient de décrocher un contrat historique en Inde d’une valeur de 214 millions de dollars US. La division Transport de l’entreprise québécoise fournira de l’équipement de propulsion et de contrôle à Mumbai Railway Vikas, une coentreprise créée par le gouvernement indien et l’État du Maharashtra. Il s’agit du deuxième contrat en moins de trois mois en Inde pour le manufacturier de matériel ferroviaire. Bombardier Transport a aussi annoncé qu’elle fabriquera 76 voitures de métro pour le métro de Delhi.

Dans le premier cas, la production aura lieu à l’usine de Bombardier à Maneja, en Inde, qui sera appuyée par les usines de Bombardier à Mannheim et à Hennigsdorf, en Allemagne.

C’est toujours une bonne nouvelle de voir l’une de nos entreprises réussir à l’étranger. Mais certaines, comme Bombardier, sont devenues si internationales qu’on se demande parfois ce qui leur reste de québécois. La division de Bombardier Transport est pratiquement une entreprise européenne puisque son marché, historiquement, y est le plus important. L’annonce du contrat en Inde a d’ailleurs été faite à partir des bureaux de Berlin.

Bombardier s’implante partout où elle décide de brasser des affaires. Elle devient Américaine aux États-Unis, Mexicaine au Mexique, Indienne en Inde… C’est ce qui fait sa force, mais aussi ce qui fait que les retombées pour le Québec sont devenues plus difficiles à mesurer.

Pourtant il y en a.

D’abord, les revenus de Bombardier, qu’ils viennent de n’importe où sur la planète, s’en vont dans la même poche. C’est ce qui permet à l’entreprise d’investir dans des projets comme le centre de design et de conception de produits de Saint-Bruno-de-Montarville, qui démarrera en 2012 et qui permettra de consolider les emplois de quelque 200 ingénieurs.  Les actionnaires, dont nous sommes aussi, seront aussi contents de savoir que l’entreprise mise sur la croissance des pays émergents pour leur offrir les meilleurs rendements.

D’ailleurs, que serait-il advenu de la CSeries, dont l’assemblage final se fera à Mirabel, si la division Transport de Bombardier n’avait pas nourri l’appétit vorace des actionnaires pendant tout le temps qu’a duré la cogitation quant à son lancement?  Il y a fort à parier que le programme aurait été abandonné avant longtemps et nous aurions pu faire une croix sur les quelques 3500 emplois qu’il créera au plus fort de la production de cet avion en 2017. Bref la diversification de Bombardier, tant dans ses activités que dans ses territoires géographiques a du bon…

Enfin, la propriété de l’entreprise est encore solidement ancrée au Québec, la famille Bombardier/Beaudoin ayant toujours refusé de se départir de ses actions à droit de vote multiple pour la protéger des offres d’achat non sollicitées. L’envergure de l’entreprise fait aussi en sorte d’ouvrir des portes pour les plus petites qui se lancent à l’assaut des marchés étrangers. Ne serait-ce que pour l’exemple qu’elle donne aux autres inc. du Québec, nous pouvons certainement pardonner à cette entreprise d’être plus Bombardier que Joseph-Armand…

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