Les forces de l’OTAN, qui viennent de prendre contrôle des opérations militaires en Libye, refusent d’armer les rebelles et assurent même ne pas prendre parti pour eux. Mais le Qatar, qui n’est évidemment pas membre de l’Alliance atlantique, mais qui est l’un des deux pays arabes avec les Émirats arabes unis à faire partie de la coalition formée par les États-Unis, a décidé d’appuyer les rebelles par la voie commerciale, en leur permettant d’exporter du pétrole libyen.

Photo:iStock

Selon l’entente — que le Qatar refuse de confirmer publiquement —, les rebelles libyens pourraient financer leurs opérations de résistance en vendant leur précieux or noir sur le marché international. L’argent serait déposé dans un compte fiduciaire et, selon certaines informations, les Qataris mettraient des navires pétroliers à leur disposition. Les rebelles ont réussi à prendre le contrôle d’Agoco (Arabian Gulf Oil Company), un important subsidiaire de la National Oil Corporation, la pétrolière d’État que contrôle toujours Kadhafi.

Le siège social d’Agoco est situé dans la « capitale » des rebelles, Benghazi. Même si le pétrole est, en principe, ciblé par les sanctions internationales — tout revenu susceptible d’atterrir entre les mains du gouvernement est sujet à sanction —, un représentant du Trésor américain a suggéré que le pétrole exporté par les rebelles serait exclu de l’embargo. Le champagne des pétroles Les rebelles ont un avantage : le pétrole libyen est très prisé. Il est de grande qualité, est facile à raffiner et convient particulièrement bien au marché du diesel européen. Seuls l’Angola, l’Algérie et le Nigeria produiraient un pétrole similaire.

Comme ce type de brut est très couru sur les marchés et que la production libyenne a drastiquement chuté depuis le début de la rébellion, son cours a considérablement grimpé. Ce qui sera aussi à l’avantage des rebelles, qui pourront s’en mettre davantage dans les poches. Le responsable de l’économie, des finances et de l’énergie chez les rebelles, Ali Tarhoni, a affirmé que la production actuelle de 100 000 baril/jour pourrait « facilement » passer à 300 000 b/j d’ici deux semaines. Il espère que les exportations débuteront la semaine prochaine.

Incertitude

La capacité d’exporter le brut libyen dépendra de la résistance des rebelles, puisque ceux-ci doivent garder le contrôle des terminaux maritimes sur la Méditerranée. Mardi, ils contrôlaient cinq des six terminaux libyens : Brega, Ras Lanouf, As Sidr, Tobrouk et Zouiatina, tous dans le centre et l’est du pays. Zawiya, près de Tripoli, dans l’ouest, est contrôlé par les forces de Kadhafi. Or aujourd’hui (mercredi), les forces libyennes sont en voie de regagner Ras Lanouf et Brega et, avec elles, les terminaux pétroliers.

Mais la situation est extrêmement volatile en Libye. Tout peut changer très rapidement.

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